lundi 27 septembre 2004

R.S.F. ou l'esprit munichois

Dans un point de vue publié dans Le Monde, intitulé « Chesnot, Malbrunot et les autres », Robert Ménard et Pierre Veilletet, respectivement Secrétaire général et Président de Reporters sans frontières, lancent un appel à sauver les deux journalistes français : « Non parce que notre pays a refusé de participer à la guerre déclenchée par les Etats-Unis. Il faut les sauver parce qu'ils sont journalistes et, à ce titre, de simples civils protégés par des conventions qui - en théorie bien sûr - encadrent le droit de la guerre. parce qu'ils sont des témoins et rien d'autre ».

Notre compassion sincère nous oblige à une solidarité sans failles à cet appel. Tant bien même qu’ils ne seraient pas ‘’témoins’’, mais seulement chauffeurs, policiers, enseignants, ou tout simplement femmes bénévoles italiennes secourant -de leurs faibles moyens- le peuple irakien puisqu’ils « n'ont pas à être pris pour cible par quelque belligérant que ce soit. Ils ne sont pas comptables de la position de leur pays ».

On ne peut que se joindre à ce bon sens, et à ce titre, « L'urgence est de les ramener vivants à la maison .Cela fait maintenant plus d'un mois que nos trois amis sont aux mains de l'Armée islamique en Irak. Et autant de jours que les diplomates français multiplient les initiatives pour qu'ils rentrent sains et saufs ».

C’est après cette introduction de ce ‘’cri de douleur’’ corporatiste, que notre solidarité sans failles, vis à vis des deux civils otages, se lézarde quelque peu. En effet ! Nos deux auteurs dirigeants de RSF ( association ayant placé il y a quelque temps, dans un classement international, l’Autorité palestinienne devant Israël pour le respect de la liberté de la presse [sic] ) en viennent à valider les méthodes diplomatiques de cette Chiraquie que toute conscience logique et démocratique ne peut saisir : « (…) Paris n'a pas hésité à solliciter le concours de groupes extrémistes susceptibles de peser sur les ravisseurs. C'est de bonne guerre, si l'on ose dire : il n'y a sûrement aucune autre façon de les sortir de là. Jacques Chirac a eu raison ».

Tous honneurs jetés aux orties et hontes bues, les voici justifiant l’injustifiable. Sans douter que les journalistes seront vraisemblablement relâché sain et sauf d’ici peu, il est temps pour nous -simples citoyens- d’envisager d’évaluer le coût des dettes chiraquiennes ainsi contractées par cet esprit munichois.

Qu’elles seront elles ? Quelles pourront être les doléances du Hezbollah, du Hamas, du Djihad islamique, des Frères musulmans ou autres autorités d’un islamisme que le bon sens occidental ( laïque ou non ) rejette ? Quelles qu’elles soient, on peut appréhender d’ors et déjà que la France ne soit contrainte de céder sur ses valeurs et principes qui ont permit à son peuple de se construire.

Faut-il, en conséquence, en accepter l’augure ? Doit on permettre, pour sauvegarder la vie d’individus qui connaissaient les risques du métier et les avantages pécuniaires personnels qu’ils en tireraient, que les Français soient -à leur tour- pris en otages ?

Faut-il également, que la planète entière s’arrête de tourner comme ces ‘’petits reporters’’ le laissent entendre ? « (…) on est en droit de s'interroger : l'offensive lancée par les forces irakiennes et américaines contre les places fortes de la rébellion sunnite, au moment même où les négociations avec les ravisseurs étaient sur le point d'aboutir, n'a pas facilité les choses (…) ».

Imaginez, après avoir lu ce paragraphe totalement caractéristique d’une idéologie certaine, un Irak livré totalement aux nazislamistes pour l’unique raison que les forces de la coalition et irakiennes seront tenues d’attendre la libération des deux Français avant de parfaire l'indépendance démocratique de ce pays. Combien d’appels, alors, les deux scribouillards de RSF rédigeront ils dans le quotidien de ‘’référence’’ Le Monde, et a qui imputeront ils la responsabilité du retard des libérations concernant les nouveaux otages ?

Tout résultera, on peut raisonnablement le spéculer, de la nationalité et du métier des nouvelles victimes.

Comme dépendra -si l’on en croit ces irresponsables de RSF- l’avenir de l’information en Irak du sort de Georges Malbrunot, et Christian Chesnot : « S'il devait leur arriver malheur, (…cela serait ndlr.) la possibilité même d'informer en Irak qui pourrait disparaître. Et qui ferait alors les frais de ce huis clos ? Les Irakiens eux-mêmes, restant seuls face à ceux qui, de part et d'autre, veulent leur imposer un avenir dont ils sont aujourd'hui encore exclus. (…) ».

Appréhension hypocrite, leur permettant simplement de légitimer leur anti-américanisme primaire par une équivalence trompeuse des valeurs de l’obscurantisme prônées par les islamistes internationaux avec celles de la démocratie US, seule garante pourtant de la pérennité de notre système européen.

« Sans information, osera-t-on encore parler d'exporter le droit et la démocratie dans une des régions du monde les plus hermétiques à ces valeurs ? ».

Il serait bon, auparavant, de conserver les acquis de nos sociétés occidentales. Mais pour cela, il est évident qu’il est inutile d’attendre de leur part, pour le moment, une quelconque assistance.

1 commentaire:

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