jeudi 24 novembre 2011

Atteinte à la démocratie


Trois sujets politiques font principalement, en ce moment, l’actualité israélienne. Trois combats idéologiques qui opposent le gouvernement actuel à la gauche et qui ont pour conséquences de le voir systématiquement délégitimer par une opposition en perte de vitesse.

Le premier d’entre eux concerne la cour suprême et la nomination de juges, dont le poste essentiel de président. Une cour suprême dont un sondage récent affirme que seul quatorze pourcent de la population estiment qu’elle reflète l’ensemble des secteurs de la population. Soixante quinze pour cent assurent qu’elle est très à gauche ou de centre-gauche. Un sentiment ressenti par une population ayant l’impression que les verdicts sont plus calqués sur une idéologie que sur une justice inhérente aux lois votées.

Il n’y a donc pas photo et l’exigence de modifications n’a rien d’extravagant. Pour ce faire, la Knesset a approuvé un projet de loi du gouvernement modifiant la composition de la commission de désignation des juges à la Cour suprême. Cette dernière s’y oppose non sur la qualité des juges qui seront proposés, mais sur la gêne qu’occasionnera la participation, et non la main mise, de l’autre bord politique à cette nomination.

Ce qui est, on l’aura compris, une atteinte à la démocratie !

Le deuxième sujet touche le financement des Organisations non gouvernementales par des gouvernements étrangers. Les propositions de loi prévoient de limiter leurs financements par des Etats ou des institutions internationales qui cherchent à influencer la politique diplomatique et sécuritaire d'Israël.

Des ONG, tels Shalom Ahshav, Betselem, ou Briser le silence -qui ne représentent de nos jours qu’une très faible proportion de la population mais qui possèdent un agenda politique chargé- bénéficient de très larges subventions accordées par des gouvernements ayant une feuille de route très souvent divergente de celui élu démocratiquement par les Israéliens. Des associations dont le patriotisme est couramment mis en doute par leurs participations fréquentes à la délégitimation du pays qu’ils assurent défendre. En fait, des groupes politiques de gauche qui voient tout le bienfait de leurs financements publics étrangers et tout le mal dans les interventions, les touchant de près ou non, de leur propre gouvernement choisi par une large majorité de citoyens.

Une ‘’intrusion’’ locale qui est, n’en doutons pas, une incroyable atteinte à la démocratie !

La troisième discorde concerne un projet de loi augmentant les dommages et intérêts en cas de diffamation par voie de presse. Une presse s’imaginant pouvoir ultime et au dessus de tout contrôle et une proposition qui contraindra alors les rédacteurs à vérifier, avant d’écrire, les preuves et les témoignages de leurs sources. Ce qui est et doit rester le B A BA d’une profession se vantant d’avoir une déontologie, une éthique, une morale. Un comportement qui se doit exemplaire et qui à poussé pourtant quelques centaines de journalistes à se réunir à Tel-Aviv pour protester contre ce projet de loi jugé ‘’liberticide’’ et ‘’menaçant la liberté d'expression’’.

Serait-ce l’aveu de manquements ?

Le gouvernement, par sa tentative de légiférer, exige une rigueur qui forcera les journalistes, engagés ou non et quelles que soient leurs tendances, à respecter au mieux leurs adversaires, les faits et ainsi le pluralisme. Projet qui s’apparente de fait à un autocontrôle et qui sera tout bénéfice pour la population.

Ce qui est, l’on en conviendra, une atroce atteinte à la démocratie !

Ces trois désaccords démontrent au mieux que le gouvernement est très loin de pouvoir imposer une hégémonie sur la société (le veut-il ?) mais qu’en revanche, la minorité de gauche refuse que l’on touche à ses prébendes acquises par la loi lorsqu’elle était majoritaire.

C’est en fait l’histoire du chameau qui ne voit que la bosse du voisin. C’est en fait l’histoire d’une gauche qui a oublié depuis longtemps ce qu’est réellement une démocratie !

2 commentaires:

akry a dit…

Shalom Victor,
pouvez-vous me dire comment et par qui sont nommés les juges de la cour suprême ? Cooptation ?
Pour le reste, il est temps que la démocratique Israël se défende contre les propagandistes et les mensonges systématiques.

Victor PEREZ a dit…

Akry,

Il me semble qu'ils ont travesti le système pour pouvoir capter les amis.

Je ne peux vous en dire plus.