lundi 3 mai 2010

De la part d’un Israélien à Georges Bensoussan

On s’interrogeait quant aux raisons d’Alain Finkielkraut, de B.H. Levy ou autre Georges Bensoussan de signer l’« Appel à la raison ». On le sait, plus ou moins, maintenant par la réponse de ce dernier : « (…) le point crucial de ce texte : alerter contre l’Etat unique qui se profile parce que c’est le piège tendu par nos ennemis. ».

Un état unique où « (…) seuls les Israéliens, et par ricochet les dernières judaïcités de la diaspora, paieront l’addition de cette fumisterie qui a échoué partout. S’insurger contre cet Etat relèvera demain de l’“ethnisme” et probablement du “racisme” ». Ce qui serait tout à fait exact si les Israéliens accorderaient un crédit à cette hypothèse suicidaire. Ce qui est loin d’être le cas. Quant à obliger ces derniers à accorder leur nationalité à plusieurs millions de ‘’Palestiniens’’, on voit mal qui pourrait les forcer concrètement à ceci et au nom de quoi ! Ce postulat n’est donc là que pour faire peur et pour forcer à la négociation.

Mais laquelle ?

Pour Georges Bensoussan, c’est sous « condition de négocier en vue de séparer les deux peuples que l’on pourra mettre sur la table toutes les questions. Des plus connues aux moins dites, des manuels scolaires aux cartes des Atlas par exemple. Y compris la question des réfugiés ? Surtout celle des réfugiés, et même de tous les réfugiés ».

Rappelons que cette liste dressée à minima à dessein contient le statut de Jérusalem et le droit du peuple juif à la Veille Ville et particulièrement le Mont du Temple ; la reconnaissance du caractère intrinsèque juif de l’état d’Israël, et autre peu de confiance dans les instances internationales quant à la sauvegarde de la paix et donc l’obligation d’une présence militaire israélienne dans la vallée du Jourdain pendant au moins une génération. Sans oublier la déclaration de fin de conflit et de toutes revendications ultérieures. Tous sujets de discorde ‘’négligés’’ par l’historien dans son explication.

Au-delà de cet ‘’oubli’’ masqué par la seule préoccupation de l’éventuel état binational, rappelons toutefois que pour négocier il faut être deux et que tous pourparlers impliquent des concessions de part et d’autres. C’est à ce stade que Georges Bensoussan se perd dans ses commentaires.

A lire ceux-ci, on y trouve guère la mauvaise foi ‘’palestinienne’, et au-delà celle de la communauté musulmane internationale, refusant toutes exigences juives sur la terre ancestrale y compris l’autodétermination du peuple juif. Un refus caractérisé ostensiblement, par exemple, par l’exigence d’un droit de retour de ‘’réfugiés’’ en son sein, par celle d’un abandon des lieux saints, et de toute présence juive, y compris militaire, dans l’état en devenir.

On y trouve, en revanche, matière à décréter aux seuls Israéliens l’abandon de toutes leurs revendications légitimes pour éviter ‘’la pire des catastrophes’’. A savoir : « l’état unique ». A légitimer cette seule attitude dans des négociations, le gouvernement israélien se prédisposerait à passer par les désidératas de ses ennemis, de ceux de la communauté internationale mais non ceux de son peuple. Ce qui serait très peu démocratique.

Par ailleurs, avec cet état d’esprit, on voit mal comment Israël résistera aux groupuscules n’ayant pas signé la ‘’paix’’, ni comment les forces internationales interviendront pour la sauver. Ni, d’ailleurs, quelle seront leurs compositions !

Bref ! De quoi inquiéter quant à l’avenir de l’état juif dans cette région. Etait-ce l’objectif de l’appel de JCall ? Si l’on ne souscrit guère à cette idée, on ne peut douter que les signataires se sont fourvoyés au nom du bien. Il est donc temps qu’ils se reprennent avant d’être complice du pire à l’encontre d’Israël et de ses citoyens.

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dimanche 2 mai 2010

‘’L’art’’ de Laurent Zecchini

Le correspondant actuel du quotidien Le Monde à Jérusalem publie dans la rubrique Opinions un texte qu’il qualifie d’« Analyse » et qu’il intitule « Israël et Proche-Orient : les menaces s'accumulent ». Le lecteur s’attend donc à y lire une réflexion murie, argumentée et proche de la réalité quand bien même elle serait non-objective car diffusée par ce journal.

Si l’on veut lui chercher querelle pour quelques broutilles de langage, cependant instruisant quant à sa réflexion, il suffirait de moquer l’introduction de son texte : « l'anniversaire de l'indépendance d'Israël a été célébré, (…) dans une atmosphère festive mêlée d'une sourde inquiétude. Comme si, soixante-deux ans après sa création en 1948, l'existence de l'Etat juif était de nouveau menacée ». Franchement ! Qui peut sérieusement croire qu’une liste impressionnante de pays et d’organisations militaires ayant leurs armes pointées vers ‘’l’entité sioniste’’ existe réellement ? Un correspondant sérieux utiliserait-il cette formulation interrogative s’il n’avait un doute quant à cette réalité ?

Mais le plus triste du texte n’est pas ici mais dans l’affirmation suivante :

« L'isolement international d'Israël, dû à l'opprobre que lui a valu le comportement de son armée lors de la guerre de Gaza, et à son intransigeance pour faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens, est sans précédent ».

Quelques mots dont le sens dévoilent beaucoup.

De prime abord, on est étonné d’apprendre qu’Israël est isolé après la seule guerre défensive « Plomb durci » de 2008-2009 et non pas suite à une pression diplomatique internationale de ses ennemis depuis quelques décennies exercée par des menaces financières et/ou d’embargos pétroliers ! Quand ce n’est pas par la peur du terrorisme.

Des belligérants occupés à obtenir une capitulation de ‘’l’entité sioniste’’ plutôt qu’un traité de paix juste et durable pour la région. Un isolement qui n’en est pas un mais plutôt une mise à l’index perpétuelle dont ce rédacteur ainsi que son journal sont des prometteurs de choix.

Le deuxième point soulevant la consternation est l’allégation que le comportement de Tsahal est cause d’opprobre. A ce stade, aucune enquête sérieuse n’a fournie de preuves quant à une volonté délibérée des instances dirigeantes de l’armée ou gouvernementales d’attenter aux droits de l’homme ‘’palestiniens’’. Aucun soldat n’a, à ce jour, été dénoncé par une quelconque Ong à la justice israélienne, ni jugé pour crime de guerre.

A ce jour, seul le rapport Goldstone affirme cette ‘’attitude honteuse’’ de l’armée sans pour autant valoir, aux dires de son propre auteur, judiciairement. Et cela suffit à ce correspondant pour étayer son ‘’analyse’’. C’est bien peu pour le créditer de rigueur déontologique et pour confirmer ses élucubrations.

Le dernier point, de la phrase citée, n’est pas moins burlesque. A savoir, l’intransigeance israélienne à faire avancer le processus de paix avec les ‘’Palestiniens’’ ! Faut il rappeler ce que l’’actuel gouvernement, dirigé par Benjamin Netanyahou, a fait depuis son installation à la tête du pays ?

Acceptation publique du principe de ‘’deux peuples, deux pays’’, levées de barrages installés par les précédents gouvernements ou encore, fait sans précédent, gel d’une durée de dix mois de toutes constructions dans les implantations de Judée et Samarie. Sans oublier son acquiescement à des négociations directes ou indirectes mais immédiates.

De quoi, effectivement, pousser le président de l’Autorité palestrinienne Abou Mazen à se percher sur l’arbre le plus haut du territoire qu’il administre afin d’obtenir encore plus sans aucune négociation.

Que dire face à ce manque de raison, de logique et de cette ‘’vérité’’ ? La date du procès de l’état d’Israël n’est pas encore fixée que tous les médias écrits, audio et visuels connaissent déjà le verdict : le juif forcément coupable. Cela rappelle tristement le début du siècle précédent sauf qu’alors quelques médias sauvèrent l’honneur de la profession.

S’il est une morale à soutirer de la lecture de cette ‘’analyse’’, elle n’est pas faite pour la défense du journalisme. Cette participation au lynchage -il n’y a pas d’autre mot- du peuple israélien, alors que cette population a démontré par de nombreuses fois, par le passé, sa volonté de paix, son respect de la vie, de la veuve et de l’orphelin, sa détermination à construire et non pas détruire, ou encore l’éthique de ses actions, ne peut rassurer. Qu’un journal à grand tirage comme Le Monde, mais aussi la plupart de ses confrères, s’incline devant le politiquement correct et l’air du temps préfigure d’autres abandons sur les valeurs universelles.

L’’’art’’ des Zecchini & Co en sera en grande partie responsable.

dimanche 25 avril 2010

RAISON GARDER (pétition)

Un groupe d’intellectuels et de personnalités se réclamant avec ostentation de leur appartenance juive pour gage de leur objectivité a pris l’initiative sélective d’un « Appel à la raison » auquel il entend assurer la plus large diffusion possible. En réalité, cet appel va à l’encontre de ses buts affichés : la démocratie, la moralité, la solidarité de la Diaspora, le souci du destin d’Israël. L’offensive politicienne qui le sous-tend est claire pour tout le monde.

1) L’idée d’une paix imposée à Israël sous la pression, voire l’intervention de puissances, est un déni de la démocratie et du droit international, aux relents néo-colonialistes. Elle bafoue le libre choix des citoyens de la démocratie israélienne et constitue un dangereux précédent pour toutes les autres démocraties.

2) Elle se repose sur un président américain qui échoue à faire face au défi mortel iranien et une Union européenne qui s’est globalement identifiée à la cause palestinienne. Israël est sous une menace d’extermination proférée par la République islamique d’Iran et ses satellites qui l’enserrent au nord, le Hezbollah, au sud, Gaza.

3) Alors que ces mêmes signataires font peser la responsabilité de l’impasse sur le seul Israël, toutes les enquêtes objectives montrent et démontrent que ni l’Autorité ni la société palestiniennes ne sont véritablement intéressées par une paix juste: 66,7% de cette population rejettent la création d’un État palestinien sur la base des frontières de 1967, 77,4 % rejettent l’idée que Jérusalem soit la capitale de deux États (sondage d’avril 2010 par l’Université Al Najah de Naplouse). La création d’un État palestinien sans la confirmation de la volonté de paix du monde arabe sans exception exposerait le territoire exigu d’Israël à une faiblesse stratégique fatale.

4) L’«Appel à la raison » souffre d’amnésie : les accords d’Oslo ont conduit à une vague de terrorisme sans précédent, le retrait du Liban à l’installation du Hezbollah - et les garanties du Conseil de sécurité à ce propos sont un chiffon de papier -, le désengagement de Gaza a conduit au coup d’État du Hamas et à une pluie de missiles de plusieurs années. Demain « Jérusalem-Est » et l’État de Palestine seront-ils sous la coupe de ce dernier ? Les regrets des signataires de l’Appel ne serviront à rien...

5) La morale et l’honneur, la volonté de paix, ne sont l’apanage d’aucun camp. Ils sont un enjeu de chaque instant. Par ses motivations partisanes et partiales, cet « appel à la raison » contribue aux tentatives de boycott et de délégitimation qui visent l’État d’Israël, et il porte gravement préjudice à sa population.

6) Devant les véritables menaces qui visent Israël dans son existence même et qui compromettent les chances d’une paix durable au Moyen-Orient nous entendons constituer un mouvement d’opinion véritablement médiateur au sein de l’Union européenne dont nous sommes les citoyens, qui se propose de défendre et d’illustrer la légitimité de l’État d’Israël dans le cadre d’une véritable paix, et de lutter contre l’antisémitisme qui s’y développe dangereusement.

Nous appelons à signer en masse cette déclaration.

Pour signer cliquer sur le lien suivant : http://www.dialexis.org

Premiers signataires :

Jean Pierre Bensimon, professeur de sciences sociales, Raphaël Draï professeur de sciences politiques et de droit, Judith Gachnochi, psychologue, Georges Gachnochi, psychiatre-psychanalyste, Nicolas Nahum, architecte, Georges Elia Sarfati, professeur des universités, linguiste et philosophe, Perrine Simon Nahum, chercheur au CNRS, historienne, Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, philosophe, politologue et historien des idées, Michèle Tribalat, démographe, Shmuel Trigano, professeur de sociologie politique, directeur de la revue "Controverses".

Un appel à la déraison

Quand les gens intelligents se piquent de ne pas comprendre, il est constant qu’ils y réussissent mieux que les sots. Cette phrase d’André Gide s’applique particulièrement aux individualités qui vont lancer, sous un nouveau label dénommé JCall, un « Appel à la raison ». Des intellectuels se présentant comme « des personnalités et des membres d’associations juives européennes, engagées depuis toujours dans le combat pour la paix au Moyen-Orient ».

A priori, des amis d’Israël craignant quant à son avenir et désireux de « faire entendre une voix juive solidaire de l’État d’Israël et critique quant aux choix actuels de son gouvernement ». Une voix qui se présentera officiellement le 3 mai prochain au parlement européen en présence de personnalités tels que Elie Barnavi, B.H. Lévy, Avi Primor, Zeev Sternhell, ou encore Daniel Cohn-Bendit dont chacun connaît son ‘’grand engagement’’ en faveur de l’état juif.

S’il y a beaucoup à écrire sur les quatre paragraphes que compte cet appel, il y a en un qui précise finement ce que doit être la solidarité des Juifs de la diaspora :« Si la décision ultime appartient au peuple souverain d’Israël, la solidarité des Juifs de la Diaspora leur impose d’œuvrer pour que cette décision soit la bonne. L’alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l’encontre des intérêts véritables de l’État d’Israël ».

Ainsi est dit clairement que cette solidarité ne sera accordée que si les Israéliens se coupent de leur droit légitime de soutenir le gouvernement actuel démocratiquement élu, puisque représentant aux yeux de ces intellectuels ‘’ un alignement dangereux ‘’. Une affirmation non étayée mais que chacun jugera à l’aune du parti pris des personnalités signataires de cet appel.

Un gouvernement de Benjamin Netanyahou cependant, qui comme tous les précédents, appelle à des négociations immédiates, se positionne selon le principe ‘’deux peuples, deux états’’, mais conditionne la création de l’état de ‘’Palestine’’ à quelques formalités publiquement formulées. Telle la reconnaissance du caractère juif de l’état d’Israël, l’abandon de toute revendication d’un «droit de retour de réfugiés » en son sein ou encore un état de ‘’Palestine’’ démilitarisé n’ayant nulle possibilité de conclure des accords stratégiques avec des pays tiers et la fin du conflit.

Des conditions forcément inacceptables pour les ‘’Palestiniens’’ qui vont à l’encontre de leur plan, par étape, de l’éradication du refuge juif et qui motivent leur refus de toutes négociations.

Des conditions, au minima, devant assurer la pérennité de l’état juif et pourtant systématiquement rayées de tout ‘’appel à la raison’’ par le politiquement correct qui ronge les instances internationales ou ces intellectuels s’affirmant « une voix juive solidaire d’Israël ». Cette dernière préférant installer comme responsable de la situation actuelle « l’occupation et la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est ». Une ‘’colonisation’’ pourtant gelée en Judée et Samarie par l’actuelle coalition au pouvoir comprenant, selon la classification usuelle, des ‘’ultranationalistes’’ et des ‘’ultrareligieux’’, quand ce n’est pas, tout bonnement, des ‘’extrémistes de droite’’. Une coalition décriée par ces ‘’mandarins’’ de la paix forcée les autorisant, de ce fait, à imposer aux Israéliens le choix entre ‘’l’alignement sur la politique de leur gouvernement‘’ et la solidarité de leur mouvement naissant.

Des ‘’intellectuels’’ rappelant étrangement ceux qui participèrent aux ‘’accords de Genève’’ en 2003 (tombés en désuétude depuis), installant alors une pression internationale sur le gouvernement Kadima, mené par Ariel Sharon, pour relancer le processus de paix. En l’occurrence, un retrait unilatéral de la bande de Gaza qui coûta au peuple d’Israël, quelques années plus tard, une opération « Plomb durci » pour mettre un terme aux milliers de ‘’roquettes artisanales’’ tirées sur leur territoire et un rapport Goldstone affirmant les « crimes de guerre » israéliens. Toutes choses que ne durent pas subir ces ‘’intellectuels’’ dans leurs chairs ni celles de leurs proches.

Il ne fait de doute que cet « Appel à la raison » ne vaudra mieux que les applaudissements des antisionistes, se parant de l’étiquette pro-‘’palestinien’’, se léchant d’avance les babines de toutes les critiques qui seront émises par JCall, mouvement ‘’ami’’ de ‘’l’entité sioniste’’.

Souscrire à cet appel est donc contraire à tout bon sens car faisant le jeu de ceux qui refusent au peuple juif le droit à s’autodéterminer librement et en toute sécurité. Que des ‘’intellectuels’’ juifs européens se fourvoient dans une telle manœuvre ne doit pas nous induire en erreur.

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vendredi 16 avril 2010

Le Monde, véritable indice anti-israélien

Le journal dit de ‘’référence’’ par le microcosme intellectuel défend-il encore les valeurs qui font la civilisation occidentale ? A lire et relire depuis des années les textes censés informer les lecteurs sur le conflit proche-oriental on est en droit de s’interroger légitimement.

Laurent Zecchini, correspondant à Jérusalem, a publié un article intitulé « Israël crée un indice de l'incitation au terrorisme » . Lequel dénonce l’intention du gouvernement israélien d’adopter les paramètres d’une « méthode de quantification statistique des éléments constituant l'incitation à la haine » de la part de l’Autorité palestinienne.

La haine, nous dit l’auteur moqueur, « cela va sans dire, est d'origine palestinienne : le système n'est pas conçu pour surveiller la violence des colons juifs extrémistes. Pour le gouvernement israélien, il est urgent de recenser les rue Ayache et les place Moghrabi, mais aussi les articles de presse ou les déclarations de responsables palestiniens qui incitent à "la terreur", "à la création d'une atmosphère de violence", à la "diabolisation", bref à l'"antisémitisme" ».

L'Autorité palestinienne, quant à elle nous apprend-il, « a rétorqué que les rues de plusieurs villes israéliennes portent le nom d'anciens terroristes juifs de la guerre d'indépendance ». Pour les lecteurs qui ignorent leurs noms, Zecchini n’en ayant cité aucun, la lecture des commentaires postés sur le site du journal suscités par cet article sera instructif. Les noms de Jabotinsky, Begin, Shamir et Sharon valent pour la démonstration autant que les guillemets du journaliste enveloppant l’expression « massacre de la route côtière », installant ainsi un doute sur la mort des 37 civils (hommes désarmés, femmes, enfants, vieillards) qui périrent en 1978 de la main de Dalal-Moghrabi. Sans oublier de rappeler la non citation de sa part de faits établis démontrant, sans faiblir, qu’Israël légitime la ‘’violence des colons juifs’’ forcément ‘’extrémistes’’ tout autant que le silence de la justice à leurs égards. Ainsi, pour l’exemple, il n’y a dans cet état aucune place ou rue portant le nom de Baruch Goldstein, auteur de l’assassinat de 29 musulmans priant au Caveau des Patriarches en 1994, ou de programmes télévisuels ou radiophoniques prônant la haine du musulman.

Laurent Zecchini procède à l’instar de tous les tenants de l’illégitimité de l’état d’Israël, cause devenant de plus en plus légale aux yeux de ceux désirant blâmer « la colonisation » de la ‘’Palestine’’ et défendre seulement la veuve et l’orphelin ‘’palestinien’’. La méthode étant de se tenir uniquement à des allusions nocives à l’état juif, à établir tout parallèle entre ses forces de défenses et les ‘’résistants’’ d’où qu’ils soient, à démentir la haine de tous ses belligérants, et mettre en doute systématiquement la parole de ses autorités quand ce n’est pas la dévaloriser.

Que d'éléments constituant une incitation à la haine de l’état juif mais ne suscitant guère d’intérêt à la création d’un indice de l’incitation à cette malveillance. L’emploi de journalistes par ce quotidien, tel celui-ci, est à lui seul un fiable baromètre.

mercredi 14 avril 2010

Le ballet des fanfarons

Barak Hussein Obama veut un monde meilleur. Pour cela, il a organisé une réunion où environ cinquante chefs d’états se sont réunis pour étudier la possibilité d’assurer une meilleure surveillance de l’atome nucléaire, voire sa neutralisation. On a donc pu apercevoir dans ce Sommet sur la sécurité nucléaire à Washington de belles images et entendre de ‘’belles’’ paroles. En particulier celles du Président Français Nicolas Sarkozy, dites à l’antenne de CBS News, concernant l’état d’Israël.

« Je ne voudrais pas que le monde se réveille avec un conflit entre Israël et l'Iran, tout simplement parce que la communauté internationale a été incapable d'agir ». « Ce serait une catastrophe. Je n'ose même pas envisager cette possibilité » a-t-il dit.

Jusqu’ici, des paroles pleines de sagesse qui ne trouvent pourtant pas beaucoup d’écho au sein des puissances ayant véritablement les moyens d’agir. Ces paroles énoncées, les suivantes furent nettement moins intelligibles.

« Et la meilleure façon d'éviter ce scénario est de prendre des mesures afin de faire comprendre à Israël que nous sommes déterminés à assurer sa sécurité ».

L’état juif devrait donc se sentir tranquillisé de savoir que l’une des puissances de la planète est déterminée à cet objectif. Et pourtant, beaucoup posent la question de connaître le nombre de divisions dont dispose la France ! Au vu de son action au Liban dans les forces de la Finul, suite à la résolution 1701, le Hezbollah ne s’est jamais mieux remilitarisé. La Syrie, avide de récupérer le Golan sans pour autant négocier une paix ou entamer un bras de fer avec Tsahal, en est à lui livrer des missiles Scud longues portées, pouvant atteindre le sud de ‘’l’état sioniste’’. On est donc légitimement en droit de s’interroger quant à la valeur de l’intention annoncé alors de la France d’empêcher le réarmement de cette milice qui détiendrait, selon les dernières estimations près de 45.000 missiles de calibres différents. De quoi, effectivement, ‘’rassurer’’ l’état d’Israël qui a commencé, il y a peu, la distribution de masques à gaz à la population !

La fin de la citation de Sarkozy a aussi son charme : « Et Israël, de son côté, doit également faire l'effort nécessaire pour parvenir à une paix juste et durable avec ses voisins palestiniens ».

Des efforts tels, probablement, que le retrait de Jérusalem-est et le Mont du Temple ou encore reconnaître le ‘’droit de retour des réfugiés’’ en son sein. De quoi satisfaire la Oumma et fermer la parenthèse du refuge juif si cher à son collègue De Villepin.

Un sommet plaçant le nucléaire comme préoccupation première de la planète peut être, effectivement, une bonne idée. Malheureusement, il est à craindre que cette réunion accouche d’une souris irradiée par tant d’intérêts contradictoires, laquelle les bouches pleines de bonnes intentions ne pourront la sauver.

dimanche 11 avril 2010

Un gouvernement à abattre au nom de la ‘’Paix’’

Théo Klein a fait publier sur le site du Crif une tribune libre intitulée « Ne pas se replier sur soi ». Le ton général de son texte est habituel. C'est-à-dire pour la Paix à tout prix. Une paix qui affirme d’emblée que « (…) le problème d’Israël est celui de son intégration dans le Moyen-Orient ou, plus précisément, le Proche-Orient ». On comprend donc, à la lumière entre autre de cette affirmation, que l’ancien Président du Crif propose sa solution politique après avoir décrié le gouvernement actuel « (…) qui n’a pu trouver sa majorité que dans les partis extrêmes politiques ou religieux qui vivent la politique dans le confort de Dieu et dans l’enseignement de Jabotinsky. ». Des partis non nommés, Shass et Israël Beiteinou, qui siégeaient cependant dans le gouvernement d'Ehud Olmert. Lequel, selon l’auteur, menait des négociations qui « (…) étaient sur le point d’aboutir ». Des partis qui ne dérangeaient point, à l’époque, ce tribun.

On n’approfondira pas ici sur son manque de curiosité quant à l’échec de la signature d’un traité de paix (le fautif n’étant jamais selon les écrits de ce ‘’pacifiste’’ l’Autorité palestinienne) mais plutôt sur sa proposition : « Le Parlement de l’État d’Israël pourrait offrir la solution d’un gouvernement entre les trois partis politiques qui ont acquis l’expérience de la direction du gouvernement depuis la création de l’État. En effet, Likoud, Kadimah et Avodah représentent, sauf erreur de ma part, 68 députés à la Knesset, c’est-à-dire assez largement la majorité. Un tel gouvernement pourrait présenter un projet commun et donner à ce projet la solidité des expériences acquises. »

Passons ici sur le fait que les politiques suivies par les partis Travailliste et Kadima, alors respectivement à la tête du gouvernement israélien, ont mené dans les dernières années -par leur politique de conciliation- à une Intifada armée en l’an 2000, à une deuxième guerre du Liban en 2006 et à une opération sur Gaza dénommée ‘’Plomb durci’’ en 2009, mais interrogeons plutôt le « projet commun » hypothétique qui conduira vers la paix et que l’alliance de ces trois partis présenteront à l’AP.

Si la grande partie des soixante-huit députés représentant cette ‘’nouvelle majorité’’, secondée par ceux d’autres partis siégeant au parlement, signeront un texte approuvant à peu près des frontières basées sur la ligne d’armistice de 1949, corrigées de façon à englober les implantations, combien d’entre eux s’accorderont sur l’exigence du monde musulman de se retirer de la veille ville et principalement du Mont du Temple, premier lieu saint du Judaïsme ? Le ‘’projet commun’’ ne pouvant être pour les Israéliens un renoncement de soi, il est à parier qu’au minimum les 27 députés du Likoud se refuseront à cette idée, et ainsi la majorité requise ne sera pas atteinte. Que peut donc valoir un tel projet, d’autant plus lorsque l’on sait que la communauté musulmane, dans son ensemble, se refuse à reconnaître le lien entre le Judaïsme et le peuple juif ?

Autre sujet épineux que le gouvernement dessiné par Théo Klein devra éclaircir : ‘’le droit au retour’’ de dizaines de milliers d’étrangers, dits ‘’réfugiés’’, au sein même d’Israël, reconnaissant ainsi, par ce fait, une faute morale et première quant à la renaissance du refuge du peuple juif. Là encore, aucune majorité ne s’esquissera pour ce faire.

Au final, deux dossiers oubliés par tous les Théo Klein de la planète, et qui n’ont d’autres objectifs que de réduire à rien le caractère juif de l’état d’Israël et son lien avec la terre ancestrale. Deux exigences de l’Autorité palestinienne qui démontrent à tout quidam, un tant soi peu impartial, que seule l’éradication lente mais sûre du refuge juif apportera la paix des cimetières à cette région.

Théo Klein, par sa tribune, n’est en fait que le porte-voix d’une partie de l’opinion internationale qui ne voit la ‘’paix juste et durable’’ au Proche-Orient que par le dépeçage du seul état juif et non pas par l’affirmation forte que ce dernier doit être et demeurer un refuge pour tous les Juifs contraints, le cas échéant, de fuir leur environnement hostile. Tous ces bons ‘’samaritains’’ n’imaginent pas une seconde une pression sur le monde arabo-musulman de peur de vivre un nouvel embargo pétrolier, un retrait des pétrodollars du circuit financier ou faire face à la violence de cette société de plus en plus installée en milieu occidental.

Il est plus aisé, pour ces derniers, d’affirmer que le Premier ministre Benjamin Netanyahou est l’homme à abattre car empêchant la planète de ‘’pactiser’’ tranquillement sur le dos israélien. Les exigences de son gouvernement imposant un état de ‘’Palestine’’ démilitarisé, une suppression pure et simple du ‘’droit au retour des réfugiés’’, une Jérusalem israélienne une et indivisible, ainsi que la reconnaissance du caractère juif de l’état n’améliorent pas les possibilités d’un ‘’arrangement pacifique’’. En revanche, un gouvernement où les députés de Kadima et d’Avoda seront majoritaires reprendra les négociations où elles s’arrêtèrent, fignoleront le retour d’un certain nombre de réfugiés au sein même d’Israël, des dédommagements, et une partition de la capitale.

Un programme qui n’est nullement dans la tête de la très très grande majorité du peuple israélien.