Chacun se souvient du ‘’scoop’’
de Charles Enderlin, affirmant sûr de son fait qu’un enfant et son père ‘’furent
pris pour cibles par les soldats israéliens’’. En fait, seul son cameraman Talal
Abu-Rahmeh était sur place dans la bande de Gaza pour filmer la scène de ‘’l’assassinat’’.
Porteur de malchance, il ne put filmer que cinquante-cinq secondes du ‘’meurtre’’
car la batterie de sa caméra s’était déchargée !? Il ne put filmer aussi ‘’l’agonie’’ de Mohamed
A-Dura, pourtant certifiée dans la boîte par son patron ! Ni son
départ pour la morgue ! Ni l’ambulance qui emmena son père vers l’hôpital.
Pas même la scène de ‘’l’assassinat’’, la couleur du sang versé ou un
témoignage à chaud !
Une malchance qui aurait dû être,
à lui seul, le scoop de l’année 2000 si l’on sait qu’il était au service d’un
grand professionnel du journalisme, lui-même travaillant pour une grande chaîne
publique française ne manquant pas de moyens financiers. Une ‘’calamité’’ qui
toucha pareillement tous les autres reporters sur place, car nul n’en profita
pour détourner le « scoop » de France 2 à son profit
par de nouvelles images et montrer ainsi la « barbarie israélienne » si
chère à tant de ‘’journalistes intègres’’ !
Une telle infortune qu’une rumeur
en profita pour monter et s’amplifier ! D’aucuns, après enquêtes
minutieuses, y virent une «mise en scène» profitant politiquement au
camp ‘’palestinien’’. France 2 et son envoyé permanent en Israël
se fâchèrent tout rouge de cette accusation et portèrent plainte pour
diffamation contre ces «extrémistes de droite» qui ne connaissent rien
au reportage de terrain. Ils gagnèrent les procès en première instance puis perdirent
en Cour d’Appel celui intenté contre Philippe Karsenty.
Vexés, ils amenèrent l’affaire à
la Cour de Cassation, la plus haute instance judiciaire française. Jean
Berkani, l’avocat général de cette cour, vient de donner raison à celui-ci.
Dans l’avis transmis, il confirme la décision de la Cour d’appel
déboutant le journaliste de France 2 de sa plainte qui affirmait que son
reportage était truqué. Sauf surprise, la Cour de cassation devrait,
début janvier, rejeter ce pourvoi en se rangeant à l’avis de son avocat général.
Certes, rien n’est encore clos !
Mais il n’est pas interdit, d’ores et déjà, de réfléchir et s’interroger sur l’attitude
des uns et des autres ces dernières années. Sur ceux qui ont pris fait et
causes pour le journaliste et la chaîne qui l’emploie sans même consulter le
dossier comme le firent les juifs et leurs soutiens forcément «extrémistes
de droite».
Tout d’abord Charles Enderlin
lui-même. Il a poursuivi son combat pour défendre son ‘’honneur’’ bafoué criant
partout qu’il est la « victime de la théorie du complot dans la mort d’un
enfant ». Thème inspirant l’entête de son blog. Il n’a guère encouragé
une commission d’enquête sur la question ni a informé sur les dires de ses
opposants.
Il a préféré écrire, entre autres
défenses, un livre intitulé « Un enfant est mort ». Aujourd’hui,
les tribunaux qui se sont penchés sur cette affirmation attestent que rien n’est
moins sûr et qu’il est sain de soulever le doute d’une « mise en scène »
dont le grand ‘’professionnel’’ de France 2 fut le dindon de la farce
mais aussi celui qui en accorda l’imprimatur.
Il faut aussi s’interroger sur la
légion d’honneur au grade de chevalier que lui remis le Président de la
République Nicolas Sarkozy. Etait-ce pour mérites rendus à la patrie ?
Si oui, il faut se dépêcher de les graver dans le marbre et les enseigner dans
toutes les bonnes écoles de journalisme qui ont perdu de vue la déontologie du
métier.
Il faut aussi se souvenir de
cette pétition lancée en sa faveur et intitulée « Pour
Charles Enderlin », dénonçant
une « campagne obstinée et haineuse (qui) s’efforce de salir la dignité
professionnelle de notre confrère Charles Enderlin, (…). Voilà sept ans que les
mêmes individus tentent de présenter comme une "supercherie"
et une "série de scènes jouées" son reportage montrant la mort
de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position
israélienne, le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza, lors d’un
affrontement entre l’armée israélienne et des éléments armés palestiniens. »
Une pétition à laquelle s’ajouterait
donc la Cour d’Appel ainsi que l’avocat général de la Cour de
Cassation !?
Une pétition à laquelle ont
souscrit, par solidarité corporatiste, nombre de médias, lesquels n’ont guère
pris le temps de communiquer la version opposée à leurs lecteurs.