vendredi 10 avril 2009

Le journalisme n’est plus un métier mais une idéologie

Il fut un temps où le Journalisme avait comme vocation d’informer. De nos jours, ce métier a perdu sa déontologie pour être entre les mains d’idéologues à la quête de sympathisants à leur cause et/ou de lecteurs payants. Les rédactions publient pour les cibles qu’elles se sont choisies et non plus selon l’éthique du métier.

Rue89 nous en donne un parfait exemple. Pierre Haski, que l’on ne présente plus pour s’être imposé comme ‘’expert’’ dans les débats télévisuels, nous a annoncé la tenue de « (…) deux journées de débats et de rencontres (…) sobrement intitulées ‘’ Israël-Palestine : état des lieux ‘’ ». Débats modérés et organisés par Esther Benbassa qui a pour ambition de les poser autour du « (…) rôle de l'histoire dans la perception de ce conflit, (…) des débats actuels, (…) de la recherche scientifique sur le sujet, et les solutions qui se profilent sur le terrain pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis plus de soixante ans ? ».

C’est ainsi qu’ont été invité à débattre un panel d’individus connus, listés par Rue89, et que l’on a du mal à qualifier d’experts du conflit tant, pour la plupart, est connu leur antisionisme primaire.

Leila Shahid, que l’on ne présente plus ; Regis Debray écrivain; Gilles Paris, journaliste au quotidien Le Monde ; Denis Sieffert de Politis, feuille d’extrême gauche ; Vincent Geisser publié depuis des années par le site Omma.com ; Avi Shlaïm, Juif israélien se définissant comme « nouvel historien » ; Dominique Vidal journaliste du Monde Diplomatique ; et Esther Benbassa, universitaire, dans le rôle de modératrice. Il ne manquait plus, ou presque, que Charles Enderlin.

De cette qualité d’antisionistes notoires, Rue89 n’en dira pas un mot mais soutiendra, au contraire, « (…) cette rencontre citoyenne importante » (sic). Choix banal par les temps qui courent en Europe, et qui ne peut que conforter l’idée de la fin du métier de journaliste.

Choix idéologique confirmé lorsque l’on se rapporte au reportage du même ‘’journaliste’’ au sujet de ces ‘’débats’’. Si l’article indique clairement la difficulté pour un israélien de débattre librement et en toute sécurité en France du conflit qui le concerne directement, si le lecteur saura que le ministre plénipotentiaire de l'ambassade d'Israël, Sammy Ravel, tient des « propos lénifiants », et qu’il fut repris dès « la fin de sa première intervention » par la ‘’modératrice’’, le lecteur ne sera pas dans la confidence de ce que ce diplomate a dit.

En revanche, il sera ‘’informé’’ de la « colère » de « Leila Shahid, la représentante palestinienne, (qui) avec son habituel talent oratoire, a réagi au quart de tour aux paroles douces du représentant d'Israël : ‘’C'est une insulte de vous entendre. Vous prenez le monde occidental pour des imbéciles qui ne savent pas ce qui se passe. Ce discours de propagande ne passe plus. C'est une insulte à leur intelligence. Chaque mot est une fabrication qui ne passe plus’’ ».

Le choix de mots, de citations, de qualificatifs sont les attributs des journalistes. Dans cet exemple, nul doute demeure quant à l’orientation politique de Rue89 et de celui qui se désigne comme ‘’journaliste’’. On ne peut donc être étonné ensuite que la présence d’un diplomate israélien soit conspuée par une poignée d’individus, puis qu’il soit « exfiltré par les policiers par une porte de derrière » tel un malpropre.

Les journaux, et les sites qui se définissent comme tels, ont une lourde responsabilité dans le climat malsain qui règne en Europe. Ils sont responsables de la haine montante envers les Israéliens, mais aussi les Juifs Européeens. Seront-ils tenus pour responsables si malheur devait arriver ?

Bien naïf celui qui le prétendra.

mardi 7 avril 2009

Annapolis or not Annapolis ?

Barak Hussein Obama a profité d’un discours devant le parlement turc à Ankara pour rappeler à l’ordre le nouveau gouvernement israélien. « Je voudrais que cela soit clair : Les Etats-Unis appuient avec force l’objectif des deux Etats pour deux peuples - Israël et la Palestine - vivant en paix et en sécurité l’un à coté de l’autre (…) C’est le but auquel sont associés Israéliens et Palestiniens, et des personnes de bonne volonté dans le monde entier. (…) Ceci est la visée agréée par les parties, avec la Feuille de route et Annapolis. C’est l’objectif vers lequel je tendrai de manière active en tant que président ».

La réponse du ‘’berger’’ US au ‘’mouton noir’’ Avigdor Liberman est clair et sans ambages. Le processus d’Annapolis devra se poursuivre. (Il est intéressant de noter par ailleurs, que le Président des USA n’a pas tenu ce langage à Londres, Strasbourg, Baden-Baden ou Prague mais dans le premier pays musulman qu’il visite en tant que tel. Faut-il y voir un signe pour Israël ? L’avenir le dira).

On peut effectivement s’interroger sur le bon sens de poursuivre un processus ayant déjà duré plus d’une année et qui, tels ceux de Taba, Camp David ou Oslo, n’a abouti qu’à des incompréhensions et des victimes de part et d’autres. Il y a donc en ces négociations perpétuelles quelque chose de viciée, et il serait bon d’y remédier avant toute reprise de négociations nouvelles et sérieuses devant mener vers la fin du conflit.

Ainsi, la reconnaissance de l’état d’Israël comme état juif par la partie ''palestinienne'', ainsi que par la communauté musulmane internationale, serait un bon début. La fin de toutes violences et de terreurs une excellente suite. Le renoncement définitif à tout « droit de retour de réfugiés » au sein d’Israël sera une belle preuve de désir de paix. Et la reconnaissance du lien juif plurimillénaire avec Jérusalem probablement la fin de toute belligérance et le début de l’indépendance de l’état de ‘’Palestine’’.

Mais sauf à rêver, qui pourrait prétendre que les ‘’Palestiniens’’ sont prêts à répondre aux exigences israéliennes minimales décrites ci-dessus ? Qui peut prétendre que lors de négociations à venir les ‘’Palestiniens’’, mais aussi la communauté musulmane internationale, sont prêts à ces concessions ? Personne de réaliste et de bonne foi ! A quoi bon, donc, continuer un processus, que tous savent, voué d’avance à l’échec ?

Il fut un temps, où la politique réglait, peu ou prou, les problèmes entre les humains. De nos jours, cette dernière n’est plus qu’un spectacle planétaire où Barak Hussein Obama n’est pas la moindre des stars. Le nouveau gouvernement israélien a décidé, pour le bien de son peuple, de ne plus valser sur le refrain bien connu des concessions unilatérales. Cette nouvelle partition est actuellement jouée en solo, mais gageons que les véritables mélomanes d’une paix juste et durable pour la région le rejoignent sous peu.

dimanche 5 avril 2009

Exigences de preuves

Avigdor Liberman, lors de sa prise de fonction au ministère des Affaires étrangères, a affirmé qu’Israël n’est pas engagé par le processus d’Annapolis. Ce qui a permis à Tsippi Livni -cheffe de Kadima et co-partenaire de ces négociations- de confirmer que son choix d’être dans l’opposition est le bon, et aux ‘’Palestiniens’’ d’attester publiquement, encore une fois, du refus israélien de toute paix. Mais qu’en est-il exactement de leur propre appétence à la paix ? L’histoire passée et récente nous délivre une excellente exégèse à ce sujet.

Le 13 septembre 1993, Itshak Rabin (z’’l), Shimon Pères et Yasser Arafat paraphèrent les accords dits d’Oslo ayant pour objectif d’aboutir à une paix définitive. De cette date, aux élections législatives israéliennes de 1996, des dizaines d’attentas, suicides ou non, commis par les affidés (mais pas seulement) du Fatah et/ou du Hamas firent voler en éclats la confiance israélienne en son ‘’partenaire’’ et permirent l’arrivée de Benjamin Netanyahou aux responsabilités pour son programme sécuritaire. Shimon Pères, véritable initiateur des « accords d’Oslo » fut battu. Benjamin Netanyahou étant notoirement contre, on peut sagement s’interroger sur le désir de paix ‘’palestinien’’ d’avoir favorisé et facilité, ainsi, son élection suite à l’assassinat d’Itshak Rabin (z’’l) !?

En 1999, la sécurité revenue, le peuple israélien mandata le chef du parti Travailliste Ehud Barak pour un nouveau mandat de négociations de paix. Après avoir ordonné en l’an 2000 un retrait unilatéral du Liban, qui autorisa de ce fait des opérations commandos du Hezbollah sur le territoire israélien ainsi que le déclenchement, plusieurs années plus tard, d’une guerre (démontrant, en cela, que l’occupation israélienne de territoires n’est qu’excuses), le Premier ministre d’alors s’engagea dans les négociations de Camp David. Ces pourparlers, dévoilant l’intention israélienne manifeste de se retirer de la Judée, de la Samarie et de la bande de Gaza, et la partition de Jérusalem, menèrent, malgré tout, au déclenchement de « l’intifada des mosquées ». Guerre de rue programmée par le ‘’partenaire palestinien’’ pour cause de refus israélien d’un accord sur le « droit au retour » de centaines de milliers de réfugiés sur son sol. Le quidam observateur s’interrogera donc quant à la volonté ‘’palestinienne’’ de reconnaître l’état d’Israël comme état juif !?

Ariel Sharon, après avoir lui aussi ramené la sécurité sur le territoire israélien par l’« opération rempart » et la construction de la clôture de sécurité, décida de donner une occasion supplémentaire aux ‘’palestiniens’’ de prouver leur volonté de paix en se désengageant unilatéralement de la bande de Gaza. Ce territoire, tombé ‘’démocratiquement’’ peu après entre les mains du Hamas, ne devint pas une zone pacifique mais une base militaire tournée vers la libération de la ‘’Palestine’’ du nord au sud et du Jourdain à la mer méditerranée. Ce qui contraignit le gouvernement Olmert à autoriser l’opération « plomb durci » afin de mettre un terme aux dizaines de missiles journaliers atterrissant sur le sol israélien. Là encore, l’observateur honnête restera sur sa faim quant à l’intention affichée des ‘’Palestiniens’’ d’une paix définitive !

Ehud Olmert, quelques jours avant la passation de pouvoirs, révéla qu’il présenta, il y a quelques mois, à Abou Mazen une carte détaillée dessinant les contours d’une nouvelle ‘’Palestine’’ englobant les quartiers arabes de Jérusalem, et lui proposa une discussion étalée dans le temps sur la vielle ville. La réponse ‘’palestinienne’’ tarde encore à venir vu que le « droit au retour » de ‘’réfugiés’’ n’est pas mentionné. A quoi donc a servi Annapolis ?

L’examen succinct ci-dessus justifie donc la réaction d’Avigdor Liberman, et oblige à l’avenir le gouvernement de Benjamin Netanyahou à réclamer, avant toute nouvelle négociation, des preuves sincères et réciproques du désir de paix ‘’palestinien’’. Telles des déclarations publiques d’un renoncement au retour de ‘’réfugiés’’ en Israël, d’une reconnaissance pleine et entière de ce pays entant qu’état juif et de la fin de toutes violences et terreurs à l’égard de celui-ci.

Sauf à accepter totalement et inconditionnellement ces conditions minimales, les ‘’Palestiniens’’ démontreront encore leur attente d’une capitulation israélienne et non pas celle d’une paix juste et durable pour la région.

A l’aune de cette triste réalité, le concept d’un état ‘’palestinien’’ a donc peu d’espoir d’aboutir.

mercredi 18 mars 2009

La pensée unique a encore frappé

Eric Zemmour est un journaliste de talent, puisqu’invité en permanence dans différents médias pour y verser toute sa science sur tout propos. Dans le quotidien Le Figaro, il a écrit un article dont le sujet est la dénonciation du « Mythe du complot (qui) fait toujours recette » chez ceux qui cherchent « (…) des boucs émissaires afin de trouver des explications simples à ce qui leur déplaît ». Un sujet que l’on sait permanent et d’actualité chez le peuple juif en général et devenant préoccupant pour le peuple israélien.

Cependant, ne croyez pas que ce dernier, pour Eric Zemmour, ne fait pas parti de « ceux qui cherchent des boucs émissaires ». Ainsi, affirme t-il dans sa chronique, « Les gouvernements israéliens se servent volontiers de l'extermination des Juifs, pendant la Seconde Guerre mondiale, comme armure médiatique de leur politique » (sic).

J’ai eu beau chercher, réfléchir, interroger mes proches… Aucun souvenir ne vint corroborer cette assertion introduite, on ne sait pourquoi, dans un texte à priori intéressant. Sur ce, j’ai décidé de poser la question directement à l’auteur en lui réclamant des précisions quant aux occasions où son assertion s’est avérée être exacte : « Etant Israélien, et au courant de la politique de ce pays, j'ai beau cherché je ne vois pas quand un politique, un parti, un ministre a couvert les agissements de son pays par l'armure médiatique de la Shoa ? ».

Voici sa réponse : « Il faudrait un (gros) livre pour collationner toutes les références à la shoah dans la bouche des gouvernements israéliens depuis au moins Begin qui affectionnait les déclarations du genre : « nous ne laisserons pas exterminer notre peuple à nouveau ». Si je me souviens bien, à la vielle de la guerre des six jours déjà…Les Palestiniens sont dans le désir mimétique : ils imitent en tout Israël qu’ils haïssent d’admirer autant, qu’ils veulent détruire pour mieux le remplacer : naqba pour shoah, gaza-camp de concentration. Etc. Mais il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Cordialement. Eric. ».

Si sa réponse est polie et sèche, elle n’en est pas moins vide de précision quant à ma demande. Les conflits n’étant pas une denrée rare dans cette région du monde, on peut légitimement s’interroger sur ce manque de preuves confirmant ses dires et son seul rappel de Menahem Begin (z’’l) retiré de la politique en 1983 et décédé en 1992 ! Une seule citation qui, cependant, ne confirme en rien ce qu’il affirme, et qui ne suffirait pas à remplir, sur ce sujet, son « gros livre ».

En revanche, il est intéressant de s’apercevoir qu’il est, lui-même, plus prolixe lorsqu’il s’agit de rappeler la lobotomisation de la propagande ennemie qui, à chaque occasion, rattache les faits et gestes d’Israël à cette sombre période. Ainsi, la Shoa est Nakba, Gaza… un camp de concentration, Tsahal… l’armée nazie, l’étoile de David… le svastika, un combat…un génocide, etc.…

Si Eric Zemmour a écrit cette phrase, ce ne fut pas par volonté de nuire à Israël et à sa caste dirigeante, mais persuadé de la réalité de ce fait. Ce journaliste, comme tant d’autres, subissent inconsciemment ‘’l’air du temps’’ qui affirme, sans fin, la nocivité, la malignité, le vice d’Israël, quand ce n’est pas son abus d’existence.

Et sans un sursaut des intellectuels, mais aussi de la classe politique française et européenne, il est à craindre qu’Israël continuera à avoir mauvaise presse, alors qu’il n’est que le bouc émissaire de certains qui leur permet « de trouver des explications simples à ce qui leur déplaît ».

Et cela n’est pas un mythe.

jeudi 12 mars 2009

Le ''judaïsme'' de Jacques Attali

Jacques Attali a accordé une interview concernant la publication de son « Dictionnaire amoureux du Judaïsme ». A lire cet entretien, intitulé -par les soins de la rédaction du journal en ligne LeMatin- « Jacques Attali: ‘’Israël n'est pas le peuple juif’’ », on ne peut douter que l’abysse creusé par ses différentes interventions n’augmentent entre lui et la très grande majorité du peuple juif à travers la planète. Et notamment la part belle qui habite la terre ancestrale du Judaïsme.

A la question de savoir si « (…) le conflit israélo-palestinien empêche actuellement d'être amoureux du peuple juif ? » Jacques Attali répond que « C'est un conflit territorial entre deux nations. Ça n'a aucun rapport avec le judaïsme qui existe depuis 3000 ans et qui continuera à exister quoi qu'il arrive à Israël ».

S’il est vrai que le Judaïsme survivra à ce qui pourrait arriver à l’Etat d’Israël, on se demande quel est le nom du deuxième belligérant ? Si le conflit est seulement et vraiment territorial, pour quelles raisons autant de pays musulmans, éloignés du front, n’entretiennent pas de relations diplomatiques et commerciales avec l’état Hébreu depuis sa renaissance et fournissent autant de moyens à son éradication ?

Lors de la question suivante, Attali persiste et signe : « Le peuple juif a une histoire planétaire et millénaire qui n'a rien à voir avec l'Etat d'Israël ». Il est dommage que le journaliste n’ait pas pensé à lui demander par qui est constitué le peuple israélien et pour quelle raison et pour qui ce pays fut crée ?

Mais n’en demandons pas trop à un individu qui confirme, l’air agacé, au journaliste que l’intolérance actuelle n’est pas liée au conflit israélo-arabe : « L'antisémitisme précède l'existence de l'Etat d'Israël. La Shoah a eu lieu avant la création de l'Etat d'Israël ».

Que les « morts aux juifs » soient devenus, de nos jours, des slogans courants dans les manifestations ‘’pacifiques’’ françaises et européennes ; que les biens de la communauté juive soient protégés à temps complet pour éviter tout vandalisme ; et que les Juifs eux-mêmes soient violentés dès qu’ils sont reconnus comme tels, n’interpelle nullement ce ‘’grand esprit’’. Pour lui l’antisémitisme s’est arrêté à la Shoah.

C’est probablement pour cette raison que nul ne se souvient de sa présence lors de la manifestation de 2002, organisée par le Crif et ayant pour thème « Contre l’antisémitisme et pour l’amitié avec Israël ».

Les dernières réponses de ce triste sire dénoncent un complot américano-sioniste voulant attribuer le caractère antisémite à la France pour faire immigrer la communauté juive française en Israël.

Si ce ‘’complot’’ aurait réussi, Jacques Attali aurait-il changé d’opinion et finir par affirmer qu’Israël EST partie intégrante du peuple juif ?

Rien n’est moins sûr. Car cela compromettrait ses nombreuses invitations à discourir dans les médias ainsi que la promotion de ses bouquins. Et entre deux maux, il faut bien choisir.

mardi 10 mars 2009

Des paroles disproportionnées

C’est largement à se demander si la raison, la logique et le bon sens ont déserté le monde occidental tant l’incompréhension des dires et des faits des hommes politiques sur le conflit proche-oriental nous saisit. Le Ministre des Affaires étrangères françaises, Bernard Kouchner, a accordé une interview à l’inénarrable et ‘’grand spécialiste’’ Renaud Girard -collaborateur du Figaro- qui interpelle tout intellect convenablement constitué dès les questions posées.

« La France a été précurseur sur la Syrie. Pourquoi ne le seriez-vous pas en parlant avec le Hamas, qui, après tout, a gagné les seules élections libres jamais organisées en Palestine ? »

Il suffit donc, pour le journaliste, de participer à des élections démocratiques pour devenir fréquentable. Sans se recentrer sur d’autres ‘’élus démocratiques ‘’ et sur les catastrophes planétaires qu’ils ont déclenché par la suite, on est interloqué par la mise à l’écart systématique de toutes réflexions sur les crimes contre l’humanité, reconnus par tous, commis par cette organisation dans l’objectif de détruire un état souverain.

Bien qu’appelant du pied à la « constitution d’un gouvernement représentatif de tous les Palestiniens », Bernard Kouchner ne s’est pas laisser aller au delà des limites que la bienséance impose encore sur le sujet : « Dès lors que le Hamas formera un gouvernement avec le Fatah et respectera les principes du processus de paix, nous n'au¬rons plus de problème pour parler avec lui ». Tout comme Israël.

Mais faut-il être forcément ministre pour s’apercevoir que le Hamas n’est pas au seuil d’une reconnaissance explicite de l’état juif, des traités déjà signés et de la fin des violences à son égard ?

Evidemment que non !

Une autre question, tout comme sa réponse, laissent pantois l’honnête quidam en quête d’informations sur la politique étrangère de la France, défenderesse (paraît-il) des valeurs universelles.

« Fin décembre, la ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Livni a été reçue à l'Élysée. Le président Sarkozy lui a recommandé la modération sur l'affaire de Gaza. Y a-t-il une fatalité à ce qu'Israël n'écoute jamais les conseils de la France ? ».

Un état, garant de la sécurité de ses citoyens peut il être « modéré » lorsqu’il reçoit sur son territoire près de quatre vingt missiles par jour et une déclaration de guerre en bonne et due forme de la part du Hamas, organisation ‘’élue démocratiquement ’’ ? Là encore non !

Par ailleurs, lorsque l’on sait les précautions prisent par l’armée israélienne lors de l’opération « plomb durci » on se demande légitimement où peut encore se nicher la ‘’modération’’ souhaitée par le président français !

Si pour le Ministre, « La suite a montré que l'offensive militaire israélienne à Gaza a été contre-productive et n'a rien réglé » l’observateur moyen comprendra lui, alors, que la ‘’fatalité’’ soulevée par l’intervieweur se poursuive entre Israël et la France un certain temps encore.

D’autant plus lorsqu’on lit la suite.

Q : « En poursuivant son processus de colonisation en Cisjordanie occupée, Israël ne rend-il pas impossible la constitution future d'un État palestinien viable ? ».

R : « Sans aucun doute. (…) Il n'y aura pas de paix possible tant que les colonies essaimeront ».

Quelle logique permet d’affirmer qu’une ‘’colonisation’’ israélienne empêche la constitution d’un futur état ‘’palestinien’’ ? Combien de pays ont trouvé leur indépendance bien après des siècles d’impérialisme français, anglais, espagnol, portugais et autre hollandais ?

C’est oublier aussi qu’Israël, au nom de la paix avec l’Egypte, détruisit Yamit dans le Sinaï, mais aussi toutes les implantations de la bande de Gaza dans l’espoir de voir ce territoire devenir prospère entre les mains des ‘’Palestiniens’’.

C’est oublier encore qu’Israël se retirera seulement des territoires lorsque la Paix, exigée par tout processus, sera assurée définitivement par ses voisins immédiats. Et omettre cette condition première ne permet pas, selon tout bon sens, de devenir ministre dans une démocratie. Ce qui est pourtant le cas en France, mais aussi en Europe. Ce qui laisse deviner l’état lamentable mental de cette région du monde.

Mais le pompon de l’interview reste à venir :

Q : « L'histoire de la dernière décennie à Gaza se résume à des bombes financées par les Américains détruisant des installations publiques palestiniennes financées par les Européens. N'est-il pas temps d'arrêter ce cycle ? »

R : « C'est la guerre qu'il faut arrêter. (…) Mais l'urgence aujourd'hui, c'est la levée du blocus de Gaza et des barrages militaires israéliens en Cisjordanie ».

Là encore, toute réflexion a disparu. Outre que l’intellect non encore lobotomisé peut se demander qui finance les missiles provoquant les dégâts dans les villes israéliennes aux abords de la bande de Gaza -seule cause des représailles israéliennes- l’interrogation quant à l’urgence de la levée du blocus et des check-points reste posée. Sauf, évidemment, à refuser de prendre en compte la sécurité essentielle des israéliens pourtant affirmée haut et fort par le gouvernement français.

Mais qui le croit encore ? N’a-t-il pas assuré de contribuer à l’arrêt de la contrebande d’armes vers Gaza ? Paroles assurément excessives en vue des pauvres moyens français.

Comme on le voit, la pensée politique française oublie volontairement, lorsqu’il s’agit du conflit proche-oriental, toute logique, raison et bon sens. Les pays n’ayant que des intérêts et pas d’amis on n’est guère étonné de voir les alliés naturels de la France humiliés, voire combattus par cette dernière.

Son gain immédiat est le calme de ses banlieues, mais aussi le pétrole et les pétrodollars des pays musulmans. Que pèse donc le peuple israélien face à ces soucis qui s’amoncellent sur les bureaux des décideurs français, mais aussi européens ?

mardi 3 mars 2009

Notre ex-‘’amie’’ du PCF

Ce que n’aime pas particulièrement le Parti communiste français, comme tous les partis frères d’ailleurs, est d’être rapproché idéologiquement aux autres extrêmes. Tel le brun, évidemment, mais aussi le vert de l’islamisme.

Richard Prasquier, président du Crif, avait dans des propos tenus sur Radio France Internationale « assimilé la position du Parti communiste français à celle des groupes islamistes radicaux voir à celle du terrorisme international ».

N’appréciant point cet amalgame, et reconnaissant de ce fait la barbarie de l’idéologie des groupes islamistes radicaux, Marie-Georges buffet -Secrétaire Nationale du PCF- adressa une lettre au Président du Crif lui précisant que cela n’est pas acceptable « (…) en regard des rapports entre nos deux organisations marquées jusqu’à présent par le débat, la confrontation mais la reconnaissance de la parole réellement portée de part et d’autre ». Mais aussi en regard de l’histoire du parti et des « combats menés par les communistes français tout au long de leur histoire (…), de la mémoire de ces résistants juifs et communistes ou l’inverse, (…et) pour tous les justes qui sont dans nos rangs ».

S’il est vrai qu’entre la communauté juive et le parti rouge le débat et la confrontation ne sont pas des vains mots depuis longtemps, pour ce qui est de l’histoire, la Secrétaire du parti aurait pu, par souci d’honnêteté, rappeler aussi le pacte de non agression daté du 23 août 1939 signé entre le Parti National-socialiste du Führer et l’URSS soutenu alors par le Parti Communiste Français.

Détail honteux et qui ferait tâche aujourd’hui dans une lettre adressée au Président d’une association de la communauté juive.

Détail oublié intentionnellement et lui permettant de se prévaloir de la mémoire des résistants à la barbarie nazie et de celles des justes parmi les hommes mettant en péril alors leurs vies pour sauver des individus parce que JUIFS.

Détail effacé qui permet de positionner cyniquement le parti dans le camp des démocrates.

Il en va pourtant tout autrement aujourd’hui au PCF. Il ne peut se justifier de résistants à l’islamisme, véritable pendant du fascisme. Et encore moins de justes prêts à se sacrifier pour combattre l’antisémitisme renaissant en France par la grâce des ‘’jeunes’’, véritables soutiens des « groupes islamistes radicaux » dénoncés.

De nos jours, bien au contraire, ce parti manifeste auprès de ces ‘’jeunes’’ dans les rues de France contre -dixit Marie Georges Buffet- « (…) les colonisations, les annexions, le mur » et pour « (…) un Etat Palestinien libre, viable sur les frontières de 1967, indépendant au coté d’un Etat Israélien, vivant en sécurité ».

Un bla-bla rituel justifiant l’antisionisme.

Et tant pis si les manifestants côtoyant ceux du PCF hurlent « mort aux Juifs » ; brûlent des drapeaux israéliens ; manifestent avec des maquettes de missiles sur l’épaule ; brandissent des pancartes assimilant les Sionistes, donc les Juifs israéliens, à des SS ; jumellent la croix gammée et l’étoile de David ou comparent les Israéliens aux nazis d’hier !!!

Des abus qui caricaturent l’objet même des manifestations sensées rechercher une « paix juste et durable ».

Toutes choses cependant vues et entendues par Marie-Georges Buffet lors de sa participation aux manifestations ( photos ) et jamais dénoncées du haut de la tribune de son parti, ‘’riche’’ -dit-elle- d’une histoire du passé.

On a entendu, lors d’un dîner annuel passé du Crif, Roger Cukierman -ancien président de l’association- dénoncer la collusion entre les mouvements politiques brun-vert-rouge. Lors de son dernier dîner annuel, le Crif n’a pas invité, pour la première fois, la Secrétaire Nationale du Parti Communiste Français rejoignant, de ce fait, la liste peu enviable des exclus comprenant le Front National et la Ligue Communiste Révolutionnaire.

Si cela a pris un certain temps aux responsables du Crif pour reconnaître que le PCF combat Israël au non d’une certaine palestinophilie frôlant l’antisionisme primaire, il faut espérer que le temps n’effacera pas cette décision salutaire pour la défense du Sionisme qui n’est autre que le droit à l’autodétermination du peuple juif sur une partie de sa terre ancestrale.